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Fractionner les apports

Fractionner les apportsRapprocher l'apport d'azote minéral du besoin de la plante permet de gagner en efficacité. Comme en diététique, une fois le besoin connu il faut répartir l'apport en plusieurs repas pour qu'il soit bien assimilé.

La dynamique d'absorption de l'azote par une culture varie fortement en fonction de sa courbe de croissance. Le prélèvement est maximal pour une céréale à la floraison, et reste très actif après floraison.

Une approche dynamique des fournitures d'azote par le sol et par les effluents organiques est également prise en compte et conduit à une répartition des apports d'azote minéral au cours du cycle pour équilibrer à chaque période la fourniture d'azote et le besoin de la culture.

En théorie, on pourrait être amené au nom de ce principe à réaliser une multitude d'apports. La prise en compte des contraintes de temps de travail, de praticabilité des parcelles pour l'épandage et du délai de mise à disposition de l'azote à la culture (dissolution de l'engrais, transformation dans le sol) conduisent à des fractionnements dépassant rarement 4 apports sur certains blés et 2 à 3 sur de nombreuses autres grandes cultures.

Courbe des besoins du blé et fractionnement en apports d'azote minéral, en complément de l'offre du sol pour un objectif de rendement de 100q/HA

 

Ajuster la dose d'azote

La dose initiale du bilan prévisionnel est modulée selon le rendement accessible jugé sur la culture en place.


Le fractionnement donne la possibilité d'ajuster la dose en fonction du besoin nutritionnel de la plante.
La dose initiale du bilan prévisionnel est modulée selon le rendement accessible jugé sur la culture en place.

 

visuel01Pour estimer le besoin nutritionnel de la plante il faut des indicateurs : croissance, couleur, teneur en nitrate, activité chlorophyllienne... et des outils pour les mesurer. Le potentiel de la culture, son état sanitaire, l'évaluation des ressources en eau peuvent aussi conduire à réviser l'objectif initial de rendement et à ajuster la dose prévue par le dernier apport.

 

 

Le diagnostic de nutrition proposé par les outils doit être suffisamment précis et associé à des règles d'interprétation et d'aides à la décision pertinentes. Ces outils s'adressent à un nombre toujours croissant d'agriculteurs et de techniciens et couvrent de nombreuses cultures. La poursuite d'un objectif de qualité, par exemple une teneur minimum en protéines pour les blés panifiables, renforce l'intérêt de cette approche pour moduler le dernier apport. En cultures légumières et en pomme de terre l'utilisation d'un outil pour ajuster précisément l'apport au besoin évite tout excès pour respecter les critères de qualité des produits commercialisés (teneur en nitrate par exemple). Les perspectives d'amélioration des outils de pilotage et leur validation sur le terrain concernent de très nombreuses cultures. Leur usage en complément du calcul par le bilan prévisionnel est de mieux en mieux intégré dans la décision de l'agriculteur et conduit à une modulation de la dose en fonction de la culture et de l'année.
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Le poids frais des plantes de colza mesuré sur 2 à 4 placettes de 1m2 prélévées en sortie d'hiver, est reporté sur la réglette azote du CETIOM qui donne une recommandation de dose prenant en compte le rendement accessible et le type de sol.

 

 

Agriculture de précision et modulation de la dose apportée

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Exemple de modulation du 2e apport d'azote sur colza. La dose apportée prend en compte l'azote déjà absorbé par le colza.

L'hétérogénéité que l'on constate dans des parcelles de plus en plus grandes amène à moduler la dose apportée à l'intérieur du champ grâce à l'utilisation d'un outil de pilotage, suivant le concept de l'agriculture de précision. L'épandeur peut être directement asservi à un dispositif de mesure embarqué sur le tracteur et conduit à une modulation en temps réel de la dose épandue.

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