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Comprendre les prix

Prix de l'azoteLe prix des engrais connait depuis quelques années une grande volatilité.

Cela résulte de deux causes principales :

  • la loi de l'offre et de la demande, le marché des engrais étant mondial,
  • le cours du gaz naturel, cette matière première étant majeure dans la fabrication des engrais.

Mais tous les engrais ne sont pas impactés de la même façon. C'est ainsi que les variations des prix d'ammonitrate sont plus « lissées » que celles des autres formes d'engrais azotés, car l'Europe et la France notamment disposent de plusieurs sites de production. Ceux-ci garantissent une meilleure sécurité d'approvisionnement et une moindre variation des prix.

 

Evolution des cours mondiaux des fertilisants

Evolution des prix de vente des fertilisants aux agriculteurs et des produits agricoles végétaux

 

Fluctuations mondiales de l'offre et de la demande

Le marché français a toujours été très lié au marché mondial. Mais, notre consommation d'engrais ayant fortement diminué, cette dépendance s'est nettement accrue au cours des dernières années. A titre de repère, 2008/2009 le marché français ne pesait plus que 2% du marché mondial.

Dans le même temps, certains marchés se sont fortement développer. C'est le cas de la Chine et de l'Amérique du Sud. Ces pays sont de gros consommateurs d'urée et de solutions azotées ; leurs besoins influencent énormément les prix et la disponibilité de ces formes d'engrais. Car parallèlement au l'augmentation des besoins les capacités de production ne sont pas développées. Cela explique les très fortes tensions observées sur les prix.

 

Fluctuations mondiales du prix du gaz

Le prix du gaz : des distorsions permanentes

Le gaz naturel représente environ 50% du prix de l'ammonitrate et 80% de celui de l'ammoniac. Or, les cours du gaz sont devenus extrêmement volatiles alors qu'avant 2004 ils étaient relativement stables.
De ce fait, le marché de l'ammoniac, qui sert de matière première à tous les engrais azotés, et à certains engrais complexes, est soumis à de fortes tensions, et est dominé par un faible nombre d'acteurs. De plus, il est touché par de très fortes variations du fait de l'arrêt de sa production lorsque les prix d'achat de gaz, négociés sur la base de contrats à moyen terme, sont très inférieurs aux prix spots, et laissent donc en négoce une marge brute confortable, et bien supérieure à ce que la production d'ammoniac pourrait laisser. Ce phénomène se produit surtout aux Etats-Unis, avec des entreprises très réactives, et un marché de l'énergie dérégulé (les marchés européens sont encore sous la coupe des « anciens » monopoles (GdF en France).

Le marché de l'ammoniac évolue donc de façon sensiblement identique à celui du gaz naturel, avec un décalage dans le temps. Il est à noter que les entreprises fabriquant des engrais, filiales de groupes gaziers ou pétroliers, ne sont pas particulièrement avantagées pour le prix de gaz qu'elles achètent. Elles sont considérées comme un client parmi les autres. Le principal avantage qu'elles retirent de l'appartenance à un groupe du secteur de l'énergie est la garantie d'approvisionnement de leur matière première.

A partir de l'ammoniac, fabriqué sur place ou bien apporté à l'usine par transport (maritime le plus souvent), les fabricants d'engrais poursuivent la transformation et élaborent de l'urée et/ou de l'ammonitrate et/ou des solutions azotées. Là encore, nous observons des mécanismes de marché au niveau international, et la fixation des prix, en dehors des fluctuations saisonnières obéit aux lois de l'offre et de la demande. Le marché européen, à 25 pays est en très léger excédent de capacité, avec une répartition géographique déséquilibrée à l'est (capacités importantes à l'est de l'Europe du fait de la proximité du gaz russe). Le marché mondial est structurellement en sur capacité mais peut se retrouver surtout avec des prix d'énergie élevés, en sous capacité conjoncturelle, comme c'est le cas de ces derniers mois.

Cependant, la politique des industriels français et européens est essentiellement basée sur la proximité, et la garantie de fourniture de l'agriculture française, qui représente un marché important. Cette politique poursuit deux objectifs : assurer l'approvisionnement des agriculteurs sur les plans qualitatif et quantitatif, et lisser les évolutions trop brutales des prix. Cette politique est particulièrement importante pour l'ammonitrate en France, qui est le premier engrais vendu en tonnage, et représente la plus grosse part des fabrications en France et au Benelux.

 

Quelques repères :

Bilan matière de l'ammonitrate 80% d'ammoniac Le prix du gaz compte pour environ la moitié du prix de production de l'ammonitrate
Lorsque le prix du gaz est à 4$/mmBtu coût de revient par tonne d'ammoniac (NH3) : 114 €/t ce que se répercute mécanique sur le coût de fabrication du nitrate d'ammonium : 48 €/tonne (ex de juillet 2004 avec le prix franco vrac de l'ammonitrate à 110 €/tonne)
Lorsque le prix du gaz est à 7$/mmBtu coût de revient par tonne d'ammoniac (NH3) :
200 €/t
ce que se répercute mécanique sur le coût de fabrication du nitrate d'ammonium : 84 €/tonne (ex de juillet 2005 avec le prix franco vrac de l'ammonitrate à 175 €/tonne)
Lorsque le prix du gaz passe à 14$/mmBtu coût de revient par tonne d'ammoniac (NH3) :
400 €/t
impact sur le coût de fabrication du nitrate d'ammonium : 168 €/tonne. Coût auquel il faut ajouter les « autres coûts » de fabrication...

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  • Invité - Samuel

    L'étude est intéressante et met en évidence, comme dans toute production, l'impact sur le coût de revient de la matière première et des transports. Personnellement, j'étais loin d'imaginer l'importance du gaz dans la production du produit.

    à Angers, France
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